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Côte d’Ivoire: Ces enfants qui naissent et vivent en prison

Saïd a 3 ans, sa maison, la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan.
Que fait-il là? Il ne sait pas. Il ne sait pas que l’endroit où il vit n’est pas un foyer et que ses journées ne sont pas comme celles des autres enfants.
Il n’a jamais vu l’extérieur, n’a jamais dépassé la grande muraille.
Il est né, a grandi, a appris à parler dans cet environnement carcéral parce que sa mère est condamnée. Condamnée à purger sa peine.
Nourri au lait maternel pendant longtemps, il a évolué avec le peu de nourriture non-adaptée à sa croissance, que sa mère pouvait trouver.
Elle bénissait son Dieu quand une bonne volonté faisait occasionnellement don de vivres.
Il n’a pas eu les légumes pour bien grandir ou la viande pour être fort.
Chétif et moins grand que la moyenne, il vit sa vie comme il peut.
On le rencontre la journée, il a presque cette joie naïve des enfants de son âge. Il a le droit de se balader dans la cours et même de jouer avec quelques bricoles.
Sa journée s’arrête à 15 heure, l’heure ou sa mère doit retourner en cellule jusqu’au lendemain matin.
Les tensions montent à ce moment. Il a envie de bouger, il a le droit de bouger. Il ne peux pas. Il restera assis à même le sol, couché ou debout à coté de sa mère.
Demander lui combien font 2 + 1 il ne saura pas vous répondre. Il n’a jamais mis les pieds a l’école.
Son droit à l’éducation lui a été retiré le jour ou sa mère a été mise en prison enceinte de lui.
Elle a commis un délit. Elle a peut être volé, escroqué ou même tué mais lui non. Ses jeunes camarades de cellule non plus.
La MACA conçue à l’origine pour 1500 personnes reçoit près de 5000 personnes. Parmi eux des femmes dont certaines sont enceintes et des enfants.
Ces êtres plus fragiles ne sont pas protégés par nos lois ivoiriennes. Après 2 ans, il est dit que l’enfant peut être retiré de sa mère mais la réalité est bien différente.
Ces femmes, souvent abandonnées par leurs maris ou leur famille après leur incarcération, n’ont personne à qui confier leurs enfants.La loi ne prévoit pas de les placer en famille d’accueil ou centres sociaux.
Saïd sortira avec sa mère quand il aura 9 ans. L’âge auquel les enfants préparent leur entrée au collège.
Il retourna certainement au village vivre en reclus et si Dieu le veut apprendra un métier.

Ci-dessus l’intervention de Mme Ouattara Korotoumou responsable du service socio-éducatif à la direction pénitentiaire ivoirienne.

Des ONG se battent aujourd’hui pour que la situations change, à l’intérieur comme a l’extérieur de la prison. La fondation Mireille Hanty qui assiste les personnes en détresse, a pris le pari de scolariser pour cette année 2014 ces enfants qui vivent en prison, en accord avec l’administration pénitentiaire.

En attendant que l’Etat les prenne en charge ou que les députés votent une loi en faveur de leur protection, nous pouvons joindre nos efforts pour changer notre monde.
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yaomariette
Programmeuse de formation, blogueuse par passion, je pose mon regard extérieur sur les événements qui touchent de près ou de loin mon environnement.
yaomariette

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9 thoughts to “Côte d’Ivoire: Ces enfants qui naissent et vivent en prison”

  1. Waouh, on se croirait dans un autre monde derrière les murailles de la MACA.
    Le système ferme les yeux sur ces enfants qui seront demain dans l’engrenage infernal, sans éducation, sans travail, livré à eux-mêmes.

    Super billet, vraiment, il faut en parler un peu plus, et encore.

  2. Oui c’est poignant,j’ai tenu dans mes bras un bébé né en prison…j’ai regardé ce petit être sans défense qui dormait paisiblement sans connaitre le monde qui l’entoure.Oui malheureusement cela est une réalité et il est plus que jamais temps de tirer la sonnette d’alarme. La place des enfants n’est pas en prison!

  3. c’est tellement vrai. dire que nous nous levons le matin et voyons nos enfants jouer jusqu’à l’epuisement. merci pour le travail remarquable et le soutien que vous leur apportez en nous parlant d’eux. merci vraiment. il ne se passe un jour depuis cette insurection à la MACA que je ne pense à tous ces enfants qui y vivent. il faut vraiment faire quelque chose

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